Accueil du site  menu Actualités  menu Archives de l’actualité  menu Refus de la misère : manifestation et témoignages

 
Refus de la misère : manifestation et témoignages

A l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère, les membres du Carrefour des solidarités du littoral dunkerquois ont pris l’initiative de "Rendez-vous citoyens" ouvrant la parole à ceux qui vivent dans la difficulté. Ces témoignages de souffrance et d’espoir ont été rassemblés. Certains ont été lus au cours de la manifestation qui a réuni personnes connaissant la pauvreté, associations et élus devant la stèle des droits de l’homme à Dunkerque. On pourra lire l’ensemble de ces témoignages sur ce site.

En complément de ces témoignages, on pourra trouver ci-après le texte du discours prononcé, au cours de la manifestation, par le Président du Carrefour des solidarités.

"Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Dure est la vie quand on est pauvre, seul, objet de discrimination ou étrangers dans un pays qui a oublié les lois de l’hospitalité, les exigences de la fraternité.

Plus douce est la vie lorsqu’on a de vrais amis ou quand on est dans un réseau de solidarité.

D’abord merci.

Merci à ceux et à celles qui, dans les « Rendez-vous citoyens » ont accepté d’apporter leur témoignage sur ce qu’ils vivaient et sur ce qu’ils espéraient.

Merci à ceux et à celles qui, malgré la dureté de leur vie, sont venus ici témoigner de leur dignité d’hommes et de femmes.

Merci à vous tous, sans distinction, qui êtes venus ici manifester la solidarité qui nous unit.

Comme les années précédentes, nous avons réuni les témoignages des personnes qui vivent de grandes difficultés, dans une série de « Rendez-vous citoyens ». Ils sont à votre disposition. Je voudrais partager avec vous les deux ou trois choses que ces témoignages m’ont réappris.

En premier lieu, la hargne.

Ce n’est pas possible que dans notre société, des hommes et des femmes souffrent tous les jours parce qu’ils n’ont pas les ressources nécessaires pour aller jusqu’au lendemain.

Ce n’est pas une fatalité, même avec la crise financière, économique et sociale que nous connaissons aujourd’hui.

Ce n’est pas non plus, malgré ce que certains en disent, parce que ceux qui connaissent la pauvreté n’auraient pas les moyens humains de faire autrement.

C’est parce que nous, citoyens de ce pays, nous l’acceptons. C’est parce que nous ne nous décidons pas à nous organiser autrement.

Que les responsables élus et que ceux qui détiennent une petite parcelle de pouvoir, c’est-à-dire nous tous, en prennent bien conscience : Quelle que soit leur bonne volonté, quelle que soit leur ingéniosité, ils ne devraient pas dormir tranquille tant qu’un homme ou une femme connaîtra sur leur territoire la pauvreté.

Ensuite, ce qui m’a à nouveau frappé, ce sont les difficultés extrêmes que nous éprouvons à nous parler et à nous comprendre.

Vous serez confondus d’étonnement lorsque vous lirez un certain nombre de témoignages. Sous des formes les plus diverses, ils montrent que nous n’arrivons pas à nous comprendre.

Il y a ceux qui savent et qui ont le pouvoir de quelque chose, d’attribuer une aide, de trouver un logement, d’apporter quelque ressource complémentaire. Il y a ceux qui demandent et qui donc, ne sauraient pas ?

Ne vous méprenez pas sur ce que je dis ici. Il n’y a pas d’un côté les bons qui souffrent et de l’autre, les méchants qui n’accordent pas l’aide désirée. Non. La solidarité demande qu’on élabore des règles. Ces règles ne sont que des compromis provisoires entre le souhaitable et le possible. La plupart de ceux qui demandent d’être aidés le savent.

Mais, dans l’élaboration de ces règles où peuvent-ils émettre leur point de vue ? Dans l’application de ces règles, où peuvent-ils faire valoir leur expérience ?

Enfin, vous serez à nouveau frappé par la force de la dignité et de l’espoir.

Beaucoup d’entre vous ont témoigné de leur capacité à être debout, dignes. C’est même votre revendication principale. Beaucoup d’entre vous ont dit le moment où vous vous étiez redressé et aviez réussi à reprendre le chemin de la vie. Grâce à la force qui est en vous. Grâce à la rencontre et au soutien de tel ou tel. Grâce aussi à l’espoir que vous partagez avec d’autres.

L’année dernière, nous avions dit que vos paroles ne seraient pas vaines. Nous avons tenu, comme promis, les Assises de la solidarité. Nous avons réalisé un travail considérable à partir de ce que vous aviez dit. Des orientations ont été prises. Un programme de choses à faire localement, vous concernant, a été établi.

Il est trop tôt pour que nous en tirions ensemble un premier bilan. Mais nous nous engageons aujourd’hui à ce que, dans l’année qui vient, nous réalisions, avec vous, ce premier bilan. Ce sera le but des ateliers de travail social que nous allons bientôt entreprendre avec vous.

Refuser la misère, ce n’est pas simplement le dire le 17 octobre. Mais c’est agir tous les jours.

L’une d’entre vous disait : « la souffrance ne se partage pas. Elle est unique. Elle est dans votre âme. » Me permettez-vous d’ajouter pour finir. La souffrance ne se partage pas. Mais l’espoir et la construction de la solidarité, oui. C’est le sens de la gerbe qui va être déposée dans quelques instants."

envoyer un commentaire

Accueil du Carrefour des Solidarités | Plan du site | Espace privé | Contacts | Liens | Partenaires | Espace Administrateurs
Le Carrefour des Solidarités - 15 rue de l’Ecluse de Bergues - 59140 Dunkerque - Tél. : 03 28 63 70 40 - Fax : 03 28 63 70 60 - Mél : chantiers@carrefourdessolidarites.org

Création : http://www.agence-e-dock.com